Le Groupement Ornithologique du Refuge Nord Alsace (Bas-Rhin) tire les premiers enseignements de son expérimentation visant une double protection : la production d’une pisciculture et la sauvegarde du balbuzard pêcheur. Les résultats sont encourageants.
Il a été vu le 16 mars dernier. Le balbuzard est de retour en Alsace-Lorraine comme chaque année au printemps et à l’automne lors de sa migration. L’expérimentation menée par le Groupement Ornithologique du Refuge Nord Alsace (Bas-Rhin) va pouvoir se poursuivre. Ce projet original récompensé par l’agence de l’eau en 2010 par un prix Initiatives a pour ambition de tester grandeur nature sur le site d’une pisciculture, des aménagements permettant de concilier intérêt écologique (préservation d’une espèce protégée) et économique (protection d’un outil de travail). « Cette première année d’expérimentation a été riche d’enseignements. Nous avons eu le recul nécessaire pour évaluer plusieurs dispositifs » note Guy Marchive avec satisfaction. « Car notre objectif est toujours le même : trouver des solutions techniques pertinentes qui puissent se généraliser sur les piscicultures ».
12000 truites en guise de déjeuner
Un inventaire ornithologique sur le site de la pisciculture partenaire a été réalisé. Après quelque 500 heures d’observation, les chiffres sont éloquents : plus de 12000 truites sont chaque année subtilisées par les espèces piscivores soit 4,5% de la production totale de l’exploitation ! « La mise en place de la zone de prédation en libre-service trouve ici toute sa justification » reconnaît Guy Marchive. « Même si le balbuzard pouvait encore pêcher dans d’autres bassins, il a été observé de nombreuses fois dans cette zone spécialement approvisionnée en poissons au printemps et à l’automne, ce qui laisse présager une appropriation très rapide. La pérennité de cette action sera officiellement validée par la signature d’une convention de partenariat avec le pisciculteur courant 2011. »
Peut mieux faire
Côté dispositifs de sécurisation testés, les effaroucheurs sonores n’ont pas donné satisfaction. Le filet de protection des bassins de la pisciculture, installé en 2010, obtient quant à lui une note moyenne. Si aucune mortalité d’oiseaux n’a été constatée grâce à des mailles plus petites et plus visibles, les inconvénients sont encore nombreux. « Des améliorations devront être apportées pour garantir sa longévité, ses caractères environnementaux, sanitaires et ergonomiques. Sans abandonner cette solution, nous travaillons sur le prototype d’une nouvelle structure » dévoile Guy Marchive. Le projet est actuellement à l’étude et son installation devrait débuter au courant de l’automne.
Printemps 2010, le balbuzard est au centre des préoccupations du Groupement Ornithologique du Refuge Nord Alsace, les réflexions débutent.
Quand balbuzard et pisciculteur font bon ménage par LesTropheesdeleau



